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Brève histoire de la messe

Vers l’an 150, saint Justin nous laisse le premier « reportage » de la Célébration eucharistique.

L’Eucharistie est célébrée en grec, langue en laquelle Justin écrit son reportage. Elle commence par la liturgie de la Parole : proclamation des Écritures, en lecture suivie, tirées de l’Ancien et du Nouveau Testament ; homélie de l’évêque ; prière universelle pour l’Eglise du monde entier ; enfin baiser de paix qui marque le passage de la Parole à l’Eucharistie proprement dite.

Suit la liturgie eucharistique. Le groupe est nombreux ; on ne s’assied plus à des tables ; debout, on entoure un autel où préside l’évêque et son presbyterium. Et c’est l’offertoire du pain et du vin rouge mêlé d’eau, la prière eucharistique longuement improvisée par l’évêque (« autant qu’il a de force ») à partir de quelques lignes de force (louange de la Trinité, récit de l’institution eucharistique, invocation de l’Esprit Saint (ou épiclèse), et le puissant « Amen » de conclusion et la communion de tous sous les deux espèces (le pain est donné dans les mains, le vin est bu au calice). La collecte pour les pauvres termine la messe, pour faire passer le « partage » dans la vie concrète : c’est un usage apostolique.

Le plus ancien canevas de Prière eucharistique qui nous ait été conservé n’est pas celui du « canon romain » de saint Pie V, c’est celui de la « Tradition apostolique » de saint Hippolyte au IIIe siècle, que le pape Paul VI a rendu à l’Eglise à travers la Prière eucharistique II et son admirable préface.

Dans la seconde moitié du IIIe siècle, la liturgie passe doucement du grec au latin, parce que le peuple parle de plus en plus latin.

Au IVe siècle : on introduit dans la messe « l’alléluia » de l’Evangile, et le « Notre Père »

Au Ve siècle : voici qu’apparaissent les trois « oraisons » ou « collectes » que nous appelons maintenant « Prière d’ouverture », « Prière sur les offrandes » et « Prière après la communion » ; le Kyrie Eleison - emprunté par souci d’unité, aux frères du Proche-Orient (grecs) – ponctue des prières litaniques au début de la célébration ; mais ce sera au détriment de la Prière universelle traditionnelle, qui tombera bientôt dans les oubliettes ; le baiser de paix qui scellait cette prière universelle est reporté vers la communion… Les messes de petits groupes ne sont plus qu’un lointain souvenir ; on est passé aux messes de foule, et il faut animer cette messe : on organise un cortège d’offrande, on solennise les mouvements de la foule par des chants de procession : chant d’entrée, chant d’offertoire, chant de communion : le « Graduel » est né (gradus = marche).

Au VIesiècle : saint Grégoire le grand enrichit la célébration des fêtes par l’introduction du Gloria in excelsis Deo (Gloire à Dieu au plus haut des cieux). Il privilégie et complète une Prière eucharistique qui va supplanter celle de la « Tradition apostolique » et d’autres très nombreuses dans les liturgies de la Gaule et d’Espagne : elle sera très vite le « canon » (canon = règle), le « canon romain », que l’Occident connaîtra durant quatorze siècles : c’est notre prière eucharistique I. Dès lors, on solennise la préface par les Sanctus et le Benedictus. Malheureusement, dans ce remue-ménage unificateur, on a perdu l’Esprit Saint : le canon romain ne contient pas d’épiclèse (invocation de l’Esprit pour consacrer le pain et le vin). La tradition orientale nous le reprochera, non sans raison.

Aux VIIe et VIIIe siècles : voici le luminaire – non plus simplement utilitaire – mais décoratif, et les grands encensements, et les vêtements liturgiques différents de ceux de la ville et de la rue, et le lavement des mains, et l’Agnus Dei ; le Credo de Nicée-Constantinople remplace le Symbole des Apôtres. Par contre, pour laisser place aux volutes du Sanctus, le canon, jusque là proclamé à haute voix et même en grande partie chanté, s’enfonce dans le sotto voce et, bientôt, dans le silence d’un simple remuement des lèvres : l’assistance ne saura plus à quoi elle dit : Amen !...

Au IXe siècle : la mentalité mystique et symbolique du Moyen Age s’en donne à cœur joie en variant les couleurs liturgiques. Aux Xe et XIIe siècles : la messe est progressivement lardée de prières que le prêtre récite à voix basse : en prenant les vêtements sacrés à la sacristie, puis en bas de l’autel, et avant l’Évangile, et durant l’offrande, et avant la communion, et aux ablutions, et après la messe… Le Missel de Saint Pie V en fixera l’abondant menu.

Les XIIe et XIIIe siècles voient naître l’Oratre Fratres, l’élévation de l’hostie consacrée : ne communiant presque plus, on voulait au moins voir l’hostie ; une croyance superstitieuse y attachait, pour ce jour ou cette semaine là, la certitude de ne pas mourir…

Au XIVe siècle : l’élévation du calice suivra celle de l’hostie… et – pure contradiction -, le « dernier évangile » (le Prologue de St. Jean), viendra retenir les gens après qu’on les aura congédiés par l’Ite missa est. Le prêtre le récitait en se déshabillant ; comme on lui attribuait une puissance d’exorcisme, les fidèles en réclamèrent la récitation à l’autel. C’est Saint Pie V qui le rendra obligatoire.

Au XVIe siècle : le dominicain Saint Pie V fut pape de 1566 à 1572. Il eut été en nos temps un grand serviteur de Vatican II : il consacra son pontificat à mettre l’Église à l’heure du Concile de TRENTE (1545-1563).

D’où entre autres, sa réforme liturgique promulguée en 1568 et 1570 : il imposait un bréviaire, puis un missel commun à toutes les Églises occidentales, qui ne bénéficiaient pas d’une liturgie propre depuis deux cents ans. Son choix s’était porté sur le rite romano-franc, parce qu’il était, de fait, le plus répandu, grâce aux Franciscains.

Les grands rites orientaux (syriaque, chaldéen, byzantin, arménien, copte et abyssin) étaient laissés à leurs traditions : aussi catholiques que nous, ils continuèrent et continuent à célébrer, en des langues et avec des rites divers, « la messe de toujours ».

La réforme de Pie V eut un grand résultat : la fin de l’anarchie liturgique. Malheureusement, la participation réelle du peuple au sacrifice diminua de plus en plus, du fait de la survivance du latin, que comprenaient seuls clercs et élites.

Reconnaissants à Pie V de sa grande œuvre, ses successeurs n’en furent nullement liés. Ce qu’a fait un pape, un autre peut le faire. Ce qu’a fait un pape, un autre peut le défaire, pour faire quelque chose de plus adapté à des temps différents … Ainsi le bréviaire promulgué par Pie V en 1568 fut révisé et modifié par Clément VIII en 1602, par Urbain VIII en 1632, puis remanié de fond en comble par saint Pie X en 1911, doté par Pie XII d’une nouvelle traduction des psaumes en 1945, remise en chantier par Paul VI dans une élaboration qui a abouti il y a quelques années au bréviaire actuel (liturgie des heures)… Quant à son missel, Pie XII en 1956 en remodela le cœur dans sa liturgie rénovée des trois jours saints.

Puis ce fut Vatican II et la réforme liturgique, avec la messe que nous connaissons aujourd’hui, depuis plus de 40 ans.

d’après Rey-Mermet Croire n°2, p.213 s.