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Saint Germain de Paris
(500 - 576)

Fêté le 28 mai, c'est le saint patron de notre paroisse.

Venance Fortunat semble avoir écrit la Vie de Saint-Germain après la mort de Sainte-Radegonde (13 août 587). Il n'est pas possible de raconter la vie de Saint-Germain selon un plan rigoureusement chronologique, mais les éléments dont on dispose permettent de dégager sa personnalité.

Germain naquit à Autun. Quand sa mère se vit enceinte, elle voulut se débarrasser de son enfant, mais celui qui allait devenir un saint évita ce péché à sa mère : il vécut. On l’envoya à l’école à d’Avallon avec son cousin Stratidius. La mère de ce cousin voulut l’empoisonner pour ravir son héritage ; la servante se trompa et donna le poison à Stratidius, qui n’en mourut pas, mais ne guérit jamais. Quittant Avalon, Germain se rendit au lieu-dit Lauria, où il vécut quinze ans, menant une vie quasi monastique. Il fut ordonné diacre et, trois ans plus tard, prêtre par l’évêque d’Autun, Agrippin, dont l’épiscopat se place dans le second quart du IVème siècle puisqu’il assista aux conciles d’Orléans de 533 et 538.

Son successeur, Nectaire, qui était à celui de 549, nomma Germain abbé de Saint-Symphorien d’Autun, desservi, selon Fortunat, par des moines. Les règles issues de Lérins se répandaient alors en remontant la vallée du Rhône et l’essentiel de l’observance monastique était déjà défini.

Germain se fit remarquer par son austérité et sa rigueur. Il était si généreux qu'un jour il ne resta plus de pain pour les frères, qui se révoltèrent. L'arrivée de deux bêtes de somme chargées de pain, suivies le lendemain de chariots pleins de vivres, les rassura. L'évêque n'apprécia pas toujours cet abbé ascète. Il le mit en prison. Fortunat ne dit pas sous quel prétexte. S'il raconte cet épisode, c'est parce que la porte de la prison s'ouvrit toute seule, et que le saint ne voulut la franchir que lorsqu'il en reçu l'ordre.

L’église de Saint-Symphorien d’Autun était largement pourvue de domaines. Germain s’occupa de leur administration et pour cela se rendit en divers points du grand diocèse d’Autun, jusqu’à Alésia.

En 543, après la conquête de la Bourgogne par les Francs, Autun et Chalon-sur-Saône furent attribués à Théodebert, fils de Thierry, fils aîné de Clovis, né avant son mariage avec Clotilde. Germain obtint facilement de ce roi tout ce qu’il demandait pour les villas de Saint- Symphorien. D’après Fortunat, Germain annonça au roi sa fin prochaine, imminente d’après Grégoire de Tours, qui déclare que les médecins ne pouvaient rien pour lui. A Théodebert succéda son fils Thibaud, un enfant dégénéré, sur le royaume duquel le roi de Paris Childebert mit la main, bien avant sa mort, survenue en 555. Childebert n’avait pas tardé à venir à Chalon-sur-Saône. Il y rencontra Germain et leur amitié ne se démentit jamais.

Germain élu évêque de Paris

En 552, le roi Childebert réunit à Paris au moins six métropolitains et vingt et un évêques des deux royaumes de Paris et de Chalon-sur-Saône, à l’exclusion du Royaume de Soissons, pour prouver la déposition de l’évêque de Paris, Saffaracus. Celui-ci avoua un crime (aucun témoignage n’en précise la nature) dont il s’était rendu coupable et fut relégué dans un monastère. Il semble qu’il n’avait commis ni erreur dogmatique, ni faute morale, mais qu’il avait déplu au roi. Childebert, qui avait fait venir des évêques aussi éloignés de Paris que ceux de Tournai et d’Arles, avait évidemment prévu un successeur à Saffaracus.

Venance Fortunat, arrivé à Paris quatorze ans après les évènements, raconte que Germain avait vu en songe un vieillard qui lui présenta les clés de Paris. Il lui demanda ce qu’il devait en faire. Le vieillard lui répondit qu’il devait sauver la ville. « Quelque temps après, écrit Fortunat, l’évêque de cette cité s’en étant allé, « decidente », Germain, qui se rendait alors auprès du très excellent Childebert, fut ordonné… »

L’intervention de Childebert n’est pas douteuse. La présence à Paris de Germain, qui ne s’était jamais éloigné d’Autun, ne pouvait être due au hasard : Childebert l’avait convoqué pour lui donner l’évêché de Paris. Cette nomination par le roi n’était pas conforme aux canons. Grégoire de Tours et Fortunat préférèrent rester discrets.

Germain thaumaturge

Germain n’est jamais sorti d’un triangle dont les points extrêmes sont, au sud, Nantes et Mâcon (en passant par Poitiers) et, au nord, le diocèse de Paris. A l’intérieur de cette région, les bourgades citées se répartissent en trois groupes : le premier comprend le diocèse de Paris et ses environs immédiats, nord des diocèses de Sens, vers Melun, et de Chartres, vers Epône ; la deuxième région s’étend d’Autun au Morvan, avec Avallon, Alise et le pays des Amognes ; la troisième région est celle de Tours et de Poitiers, y compris le sud du diocèse de Chartres.

On a constaté qu’à cette époque les aveugles étaient assez nombreux ; une autre infirmité répandue était la contraction de la main, les doigts se repliant sur la paume, au point que les ongles pouvaient la transpercer ; les maladies s’accompagnaient fréquemment de gangrène ou de complications analogues. Assez souvent, on amenait au saint des possédés, qui n’étaient pas forcément des épileptiques : un jour, on lui présenta sept hommes qui s’étaient livrés à des rites magiques immoraux ; dans deux cas au moins, le saint garda près de lui sept jours un possédé pour avoir le temps de le guérir. Germain employait le plus souvent des remèdes dont le choix était dicté par le bon sens. Le plus utilisé fut l'huile, qui servait à oindre les membres malades.

Germain n’était pas rancunier et ne considérait pas les malheurs qui frappaient ses contemporains comme des châtiments du ciel ; il ne s’inquiétait pas non plus de voir un malade l’accabler d’injures. Il guérissait sans hésitation un mal advenu en travaillant le dimanche ; les évêques eurent d’ailleurs beaucoup de peines à faire entrer dans les mœurs le repos du dimanche si on en juge par le nombre des infractions. Sans doute pour ne pas scandaliser, Saint Germain observait rigoureusement ce repos : à un homme à la main contractée qui se présenta à lui un dimanche, il donna rendez-vous à l’étape du lendemain, ne voulant pas le guérir le jour du Seigneur.

La mansuétude du saint s’étendait à tous les prisonniers sans exception ; quand il le pouvait, il les délivrait tous, contre l’avis du juge. C’est ce qu’il fit à Avallon, à Rosay en Morvan, à Paris et à Orléans. Il y acquit la réputation de ne pouvoir être arrêté par un obstacle de bois, de pierre ou de fer. On ne s’étonna guère de le voir ouvrir miraculeusement la porte de l’église Saint Gervais à Paris. Saint Germain libéra les esclaves de toute nationalité. Il avait pouvoir sur les bêtes sauvages ; il avait guéri un homme mordu par un loup enragé et débarrassé une femme des ours qui ravageaient ses champs. Elle reçut les peaux de ces ours comme indemnité ; le saint refusa d’en prendre une.

Germain évêque devant les rois et aux conciles

Venance Fortunat a glorifié Germain le thaumaturge. Les Actes des Conciles et Grégoire de Tours montrent son action et son énergie dans les affaires ecclésiastiques. Le roi Childebert 1er, qui avait imposé Germain comme évêque de Paris, eut toujours avec lui des rapports excellents ; généreusement, le roi aidait l’évêque, toujours attentif à secourir les pauvres. Ils collaborèrent pour la construction de deux grandes églises, la cathédrale Saint Etienne et la nouvelle basilique Saint Vincent et Sainte Croix, où l’un et l’autre voulurent être enterrés.

Il est probable que le deuxième concile de Paris, après celui de 552, fut réuni au temps de Childebert. Germain y tint une place prépondérante puisque sa signature suit immédiatement celles des métropolitains de Bourges, Rouen et Bordeaux et précède celles du métropolitain de Tours et de onze autres évêques. Le 18 novembre 567, Germain assista au concile de Tours et signa après les métropolitains de Tours et de Rouen, premiers des sept évêques. Il a la même place dans la lettre adressée ensuite à la reine Radegonde, qu’il connaissait bien et à qui il rendit visite à Poitiers. Après la mort de l’évêque, la reine rappela que c’était lui qui avait béni la première abbesse de Sainte Croix de Poitiers, Agnès.

En cette même année 567, Germain s’affronta à Paris au roi Charibert, qui pillait les églises et accumulait les liaisons irrégulières. Quand il épousa deux sœurs à la fois, Germain l’excommunia. Ce dernier n’en tint aucun compte. Une des ses femmes et lui-même moururent peu après.

Le 11 septembre 573, sept métropolitains, vingt-cinq évêques et un représentant d’évêque se réunirent à Paris pour examiner un contentieux concernant à la fois les rois et les évêques. Alors que Chartres, cité de la province de Sens, était dans le royaume de Gontran, Châteaudun, qui appartenait à son diocèse, se trouvait dans le royaume de Sigebert. Celui-ci y fit ordonner un évêque par le métropolitain de Reims. Le concile annula cette ordination et communiqua sa décision par des lettres au métropolitain de Reims et au roi Sigebert. Germain signa ces deux lettres, immédiatement après les métropolitains, premier des évêques ; il ajouta à chaque fois une formule qui fait ressortir l’importance de son rôle : au métropolitain de Reims, il précise que, bien que pécheur, il a relu la lettre avant de souscrire. Au roi, il se déclare soumis, même s’il paraît présomptueux ; il ose le saluer et le supplie de ne pas mépriser la décision des évêques.

En 575, après l’assassinat de la reine Galswinthe, à l’instigation de Frédégonde, le roi Sigebert, poussé par sa femme Brunehaut, qui voulait venger sa sœur, entra en guerre contre Chilpéric, le mari infidèle responsable de la mort de son épouse. La campagne se déroulait à son avantage quand il passa par Paris. Il y rencontra Saint-Germain qui, désirant éviter la guerre, lui dit : « Si tu pars et ne désires pas tuer ton frère, tu reviendras vivant et victorieux ; si tu penses autrement, tu mourras, car le Seigneur a dit par Salomon : « Si tu prépares une fosse pour ton frère, tu tomberas dedans. » Sigebert négligea le conseil et fut assassiné peu après.

Germain et la dévotion des Saints

Comme ses contemporains et amis un peu plus jeunes que lui, les évêques de Tours, Grégoire, de Poitiers, Venance Fortunat, et d’Auxerre, Aunachaire, Germain contribua efficacement au développement du culte des saints gaulois. À Autun, Germain fut abbé de la basilique Saint-Symphorien. Il y priait longuement près du tombeau des saints martyrs dans l’atrium, assez loin de l’autel, situé au fond de la basilique.

Dans sa Vie de Saint-Martin, Venance Fortunat écrit que Germain gouverne l’Eglise de Paris, comme Denis autrefois. Aucune anecdote ne concerne ni Saint-Denis, ni Sainte-Geneviève, que Germain honorait certainement. Il « lança » le culte de l’évêque Marcel en demandant à Fortunat d’écrire sa vie, peut-être dès 566. Sur ce personnage oublié, Fortunat ne put donner qu’un florilège de traditions populaires. Germain était un pasteur désireux de canaliser la dévotion des fidèles et de leur assurer la protection des amis de Dieu. Une belle histoire et des faits merveilleux émeuvent les foules ; il ne se souciait pas de proposer un modèle en l’exaltant d’après des faits authentiques. Deux vieux saints du Berry bénéficièrent également de son intervention : à Déols, Saint-Ludre, un enfant mort peu après son baptême, enseveli dans un beau sarcophage ; à bourges, l’évêque Ursin, dont il trouva les restes oubliés sous les souches de la vigne plantée dans l’ancien cimetière.

Le culte de Saint-Germain

Saint-Germain mourut à Paris le 28 mai 576 en grande réputation de sainteté. Il fut enterré dans l’atrium de l’église Sainte-Croix-et-Saint-Vincent qu’il avait fondée. En 585, lors de l’incendie de Paris, il apparut pour libérer de leurs chaînes les prisonniers qui se réfugièrent auprès de son tombeau. Saint-Germain fut si populaire que son nom supplanta dans l’usage les patrons primitifs de l’Eglise. Le 25 juillet 756, en présence du roi Pépin et de son fils Charles, âgé de 12 ans, futur Charlemagne, le corps de Saint-Germain fut transféré de l’atrium dans le chœur, derrière l’autel de la Sainte-Croix.

Les reliques furent mises en sûreté lors des invasions normandes en 845 et en 863. En 1408, l’abbé Guillaume donna une magnifique châsse qui, en 1704, fut placée au dessus du maître-autel. Elle fut fondue à la Révolution.

Un quart de siècle après sa mort, le nom de Germain fut inséré dans le Martyrologue hiéronymien, alors complété à Auxerre au temps de l'évêque Aunachaire. En 859, Usuard, moine de Saint-Germain des Prés, composa au 28 mai un éloge de Saint-Germain qui contribua à maintenir sa renommée dans toute l'Eglise latine, puisque son martyrologue fut utilisé partout et constitua la base du Martyrologue romain du cardinal Baronius.

Jean DELUMEAU
Histoire des Saints et de la sainteté chrétienne. Hachette