Dans un contexte difficile, nos députés ont commencé, il y a quelques jours, à débattre sur un projet de budget pour notre pays. Parmi les questions qui vont être abordées il y aura, naturellement, la question des recettes fiscales et donc de l’impôt.
Une des responsabilités d’un état est le prélèvement des impôts, pour servir le bien commun. Le bien commun peut se comprendre comme étant ce que nous avons tous en commun, ce dont nous avons tous besoin.
À l’époque de Jésus, ces impôts n’étaient (par définition) pas payables en ligne, mais réglés en espèces avec des pièces de monnaie frappées à l’effigie de l’empereur romain, considéré par une partie de la population comme l’envahisseur. Nous pouvons nous souvenir que parmi les apôtres que Jésus s’est choisi il y a Matthieu qui est collecteur d’impôt, et Simon le zélote qui lutte contre l’envahisseur. Donc, quand les pharisiens interrogent Jésus sur la légitimité de payer l’impôt, celui-ci ne doit pas tomber dans le piège : il en va de la mission du Christ.
En répondant « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Jésus semble séparer l’ordre du temporel (qui doit être organisé, de fait, par l’empire) et l’ordre spirituel qui est la mission première du peuple hébreu. Parfois, cette phrase de l’évangile est utilisée pour justifier la séparation de ces deux ordres, mais est-ce bien juste ?
En effet, qu’est-ce qui n’appartient pas à Dieu ? Dans le Credo, nous proclamons que Dieu est le créateur du ciel et de la terre : tout ce qui appartient à César appartient d’abord à Dieu. Cet argent, comme tous les outils que nous créons, doit servir la gloire de Dieu. Dieu est notre bien commun.
Demandons la grâce d’apprendre à discerner comment avoir un juste usage des biens qui passent, qu’ils nous permettent de nous attacher à ce qui est éternel. p. Serard+, curé

