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EDITO du 4 juin 2023 – La Trinité est-elle incompréhensible ?

La Trinité n’est pas une invention. Elle nous a été révélée : il ressort en effet d’une lecture attentive des Évangiles : 1° qu’il n’y a qu’un seul Dieu (Mc 12,29) ; 2° qu’il existe une certaine pluralité en Dieu, puisqu’il est Père, Fils et Esprit ; 3° que le Père, le Fils et l’Esprit sont réellement distincts (Jean 15,26) et que chacun peut être appelé « Dieu » (Jean 1,1 ; Actes 5,4).

Approcher le mystère

À l’issue d’un long travail théologique, cela s’est résumé en une formule : une seule substance, trois personnes. Bien sûr, il y a là un fameux casse-tête pour les métaphysiciens. Mais, après tout, que la vie intérieure de Dieu soit difficile à comprendre, ce n’est pas très étonnant : la moindre personne humaine n’est-elle pas un mystère impénétrable ?

On pourrait être tenté d’en rester là. Mais on aurait tort. Car s’il est vrai que la Trinité n’est pas démontrable à la façon d’un théorème de géométrie, il est tout de même possible d’en approcher le mystère par des analogies. Mieux que cela, il est possible de montrer que le caractère trinitaire de Dieu n’est pas une atténuation du monothéisme. Mais plutôt son explicitation. Voyons comment.

Dieu est créateur, donc amour

Repartons de l’essentiel : « Dieu est charité» (1 Jn 4, 8). Cette affirmation suppose que, même si Dieu n’avait pas créé l’Univers, il aurait tout de même été éternellement animé par un mouvement d’amour. En effet, si Dieu est créateur par décision libre, il est amour par nature. Si donc Dieu était libre d’exercer (ou non) son amour à l’extérieur de lui-même, c’est que cet amour préexistait à son exercice.

Mais alors une question abyssale se pose : amour pour qui ? Comment éprouver de l’amour quand on est tout seul ? Réfléchissons : aimer c’est se donner à un autre, c’est prendre de soi pour promouvoir l’existence de quelqu’un d’autre : on peut donc supposer que Dieu, en lui-même, sans sortir de lui-même, avant toute création, ait en lui une sorte d’autre lui-même, égal à lui, qui soit aimé de lui.

Cet « autre lui « même » a tout en commun avec lui, il lui est parfaitement identique, sauf en un point : il dépend de son géniteur, de son Père. C’est le Fils éternel.                            

Qui dit amour dit fécondité

Mais ce face-à-face, comme celui de deux amants, est encore imparfait ; s’il reste stérile, il vire au double-miroir narcissique. Or Dieu, étant parfait, ne saurait souffrir de ce défaut. Pour s’accomplir pleinement, l’amour entre ces deux pôles doit donc être lui-même fécond. Les deux premiers termes doivent donc donner une sorte d’objectivité à leur amour mutuel en laissant surgir un troisième terme. L’analogie familiale est ici encore très parlante : l’enfant est la preuve concrète de l’amour des parents. En Dieu, c’est l’Esprit – amour personnifié du Père et du Fils.

Nécessité d’être trois

Il faut ajouter que l’amour faisant partie de la nature de Dieu, le Père ne peut pas ne pas engendrer le Fils, et ces derniers ne peuvent pas ne pas produire ensemble l’Esprit. C’est donc nécessairement que Dieu est Trois. Ce n’est pas un choix de sa part. Il est Trois de toute éternité, indépendamment de toute création, par nature. Un Dieu unique qui n’aurait pas cette trinité ne serait pas un Dieu vivant. En somme, on peut fort bien concevoir un monothéisme plus « pur», mais c’est alors celui d’un Dieu minéral, d’un Dieu abstrait, d’un Dieu mort.

Dans Le Génie du christianisme, Chateaubriand décrivait Dieu comme le « Grand Solitaire de l’univers, l’éternel célibataire des mondes ». Il se trompait complètement. Car, même célibataire, Dieu n’est pas seul. Il est, en son intimité même, don, circulation, relation. Comme toujours, c’est Bossuet qui a raison : « Ô Père ! Vous n’avez pas besoin de société : en voilà une en vous-même, éternelle et inséparable de vous ! » (Élévations à Dieu sur tous les mystères de la religion chrétienne, 1re élévation de la 3e semaine.)

par Charles Becquérieux


Le Signe de Croix que l’on trace sur nous résume à lui seul les principaux mystères de notre foi

1. Ce qu’on dit lorsque l’on fait le signe de croix : Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Dieu est donc un et trois.

2. On trace d’abord une ligne verticale de haut en bas : du ciel, le Fils est descendu et s’est fait homme pour nous sauver et nous faire remonter avec lui.

3. Puis une ligne horizontale : l’Esprit Saint nous accompagne dans notre vie terrestre. Il est notre soutien. Lorsque notre main passe d’une épaule à l’autre, il y a comme une ouverture. L’Esprit nous fait respirer, nous rend libre.

4. Cela forme une croix : Jésus Christ est mort sur la croix par amour pour nous, pour que nous soyons pardonnés de nos péchés. Jésus est mort puis est ressuscité, il est ainsi toujours vivant aujourd’hui.

5. Cette croix, nous la traçons sur nous, car nous voulons aimer Jésus comme il nous l’a montré. Il nous a invité à « porter notre croix », avec lui (cf. Mt 10,38).