Au temps de Jésus, le peuple hébreu est divisé en plusieurs branches de traditions différentes, par exemple les esséniens qui vivent leur foi de manière très ascétique qui pratiquent la pauvreté volontaire, les sadducéens ne croient pas en la résurrection des morts ou encore les pharisiens sont très attachés à la loi qu’ils accueillent comme un don de Dieu et la respecte scrupuleusement.
La loi est une partie fondamentale de la pédagogie divine. Avant même le péché originel, Dieu donnait des commandements aux créatures : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. » (Gn 1, 22) ou encore pour l’Homme : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. » (Gn 1, 27-28). Cette loi conduit à la joie parfaite. Puis, à cause du péché, l’homme est soumis à d’autres lois.
Après Joseph et ses frères, les hébreux se retrouvent en esclavage en Égypte. Ils ne sont plus souverains de leurs vies soumises aux lois égyptiennes et au bon vouloir de leurs maitres. De cette situation, Dieu les libère par l’intervention de Moïse. Ils errent dans le désert, et, au cours de leur pèlerinage vers la terre promise, ils reçoivent des lois venant de Dieu. Dieu renouvelle à son peuple sa promesse et lui redonne des lois. Si le peuple avait oublié Dieu en Égypte, Dieu n’a pas oublié son peuple. Après un long pèlerinage et beaucoup d’efforts, le peuple traverse le Jourdain et entre sur le territoire donné par Dieu.
Une grande partie de l’enseignement de Jésus, dans les évangiles, naît des controverses avec les pharisiens. Jésus est très critique quant au rapport des pharisiens à la loi. Il ne critique pas la loi mais il remet en question une manière hypocrite de suivre la loi. Il n’est plus question de terre promise, mais de ciel promis. Jésus nous enseigne que la loi ne doit pas être abolie, mais intériorisée. Il ne nous libère pas de la loi, mais il nous montre comment cette loi éclaire notre liberté pour nous permettre grandir en sainteté. Pour saint Thomas d’Aquin « la loi nouvelle est principalement la grâce même de l’Esprit Saint » (Somme Théologique). Ce n’est pas par nos efforts à nous conformer à une loi que nous entrerons dans le ciel promis, mais en accueillant la grâce de Dieu.
Dans la bible, nous passons ainsi d’une loi qui réprime, à une loi qui nous conduit pour enfin aboutir à une loi qui libère. Demandons à l’Esprit-Saint de nous faire suivre cette loi qui nous ouvre à la grâce.
Père L. SERARD, Curé
