Bien que né en Judée à Bethléem – la ville de David – Jésus a grandi en Galilée, sur la rive nord du lac de Tibériade (ou Génésareth, aussi appelé mer de Galilée), dans la ville de Capharnaüm. Depuis ce lieu, il annonce l’Évangile, à savoir : « le règne de Dieu est tout proche ». Il attire à lui des disciples et, parmi eux, appelle ceux qui deviendront les apôtres.
L’œuvre du salut est ainsi lancée. Il y a près de 2000 ans, Dieu s’ancre dans le temps et l’espace à Capharnaüm. Nous pouvons y voir que Dieu vient nous rejoindre dans nos conditions de vie temporelles, et bousculer nos repères.
Jésus vient à notre rencontre, au risque de bousculer les repères établis. Pierre et André quittent leur métier de pêcheurs, par lequel ils assumaient leur devoir d’état en prenant leurs responsabilités dans la société, et qui leur apportait une certaine sécurité matérielle, pour le suivre. Le métier et les autres relations sociales, par lesquelles les hommes organisent et structurent le monde selon le premier commandement divin (cf. Gn 2, 18), doivent être ordonnés autour du Christ.
Jacques et Jean quittent leurs pères pour s’attacher au Christ. Les fils du tonnerre, comme ils sont surnommés, quittent eux aussi leur père. Peut-être pouvons-nous y voir une réorientation de ce que nous pourrions retenir comme le second commandement : « à cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2, 24). Ils ne quittent pas leurs parents pour une femme mais pour Dieu qui vient à leur rencontre.
De ce passage de l’Évangile, nous pouvons retenir trois choses.
La première est que le disciple – qui par essence suit l’enseignement de celui qu’il considère comme un maître – est appelé à répandre l’enseignement reçu, d’où le nom d’apôtres. La deuxième, est de donner du sens à notre vocation : l’engagement dans le monde autour du Christ. La troisième est que la finalité de toute mission est le Christ lui-même.
En entrant dans notre condition géo-temporelle, Dieu nous attire vers l’immensité de l’éternité !
P. Louis SERARD, curé+
