Cette parole de Jésus résonne de manière particulière à nos oreilles depuis quelques années. Pourtant, venant du Christ, la paix n’a pas le même sens que celle tant espérée des peuples victimes des conflits.
À deux reprises, Jésus annonce qu’Il donne la paix. Après la 1ère annonce qu’il vient apporter la paix, Jésus montre ses plaies. Après la 2nde annonce, il leur souffle dessus avec cette parole : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » (Jn 20, 22-23)
En constatant les plaies du Christ, nous comprenons que la paix n’est pas une absence de guerre. D’ailleurs, Jésus avait annoncé les persécutions auxquelles ses disciples allaient être confrontés à cause de Lui (cf. Mt 5, 9. 11-12). La paix qu’il nous communique, c’est que la mort est vaincue, la Vie, par lui, a triomphé. Par notre baptême, nous recevons cette paix avec la même joie que les disciples (cf. Jn 20, 20).
Jésus souffle sur ses disciples. Ce souffle nous rappelle que Jésus a remis l’Esprit au Père en mourant sur la croix (littéralement : il expira), cet Esprit omniprésent à ses côtés depuis l’Annonciation, et même bien avant (cf. Gn 2, 7). La paix est l’Esprit-Saint Lui-même. L’Esprit-Saint est donné pour le pardon des péchés. Dans le symbole de Nicée-Constantinople, nous pouvons proclamer que nous reconnaissons « un seul baptême pour le pardon des péchés ». En recevant l’Esprit-Saint au moment de notre baptême, nous sommes pardonnés de nos péchés et nous recevons la paix du Christ.
À la messe, nous pouvons être invités à nous donner la paix. Cela n’est pas au début de la messe (pour commencer la messe en paix), non, cela arrive après la consécration et même après la prière du Notre Père. Lorsque Jésus est présent parmi nous dans le mystère de l’Eucharistie, la paix que nous nous donnons de proche en proche trouve sa source dans la présence sacramentelle du Christ dans l’Eucharistie. Ce n’est pas à la manière du monde que nous nous donnons la paix ; c’est parce que nous participons pleinement au sacrifice eucharistique que nous pouvons, en vérité, nous donner la paix du Christ. Célébrons donc en cette fête de Pentecôte le prince de la PAIX !
p. Serard+, curé
