Saint Paul nous invite à résister à la tentation de prendre le monde pour modèle, mais à discerner comment, par tout notre être, faire la volonté de Dieu (cf. Rm 12, 12). Faire la volonté de Dieu passe, parfois, par un discernement profond et des renonciations qui nous coûtent.
L’Église nous donne d’entendre comment saint Pierre, lui-même, est traversé par la tentation de regarder le Christ avec un regard très (trop) terre à terre. Dimanche dernier nous entendions sa profession de foi, répondant à Jésus qui demande à ses disciples « pour vous qui suis-je ? » Pierre affirme « tu es le Christ, le fils du Dieu vivant » (Mt 16, 16). Mais ce dimanche, nous entendons la suite de la discussion : Jésus annonce qu’il va subir la passion et être condamné à mort avant de ressusciter. Cela est scandaleux dans l’esprit de Saint Pierre, au point de lui en faire le reproche. Quand nous méditons l’arrestation de Jésus nous voyons que la tentation d’agir selon le monde se manifeste aussi chez les disciples : « L’un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui trancha l’oreille » (Mt 26, 51). Les disciples expriment leur incrédulité face à la puissance de la croix.
Lutter contre les tentations du monde passe par la croix. Prendre notre croix, c’est-à-dire donner notre vie comme le Christ a donné sa vie, n’est pas un acte évident, mais c’est l’œuvre de l’Esprit saint dans notre vie. C’est en méditant la vie du Christ quotidiennement que nous pouvons imiter le Christ pour prendre notre croix et le suivre.
p. Serard+, curé
